
Pourquoi faudrait-il aller mieux… si vite ?
Il y a les jours où ça va, et ceux où ça va moins bien. Des moments où l’on est triste, en colère, déçu ou inquiet, sans que cela signifie pour autant que tout va mal.
Que faisons-nous de ces moments-là, surtout lorsque la vie continue et que le « ça va » sort presque automatiquement ?
Quand faudrait-il déjà aller mieux ?
« Allez, ça va passer. » « Il y a pire. » « Il faut relativiser. » « Tu as pourtant tout pour être heureux. »
Nous avons probablement tous entendu un jour l’une de ces phrases. Peut-être les avons-nous aussi prononcées. Souvent avec de bonnes intentions. Pour rassurer, encourager, réconforter.
Comme si, lorsque ça ne va pas, il fallait assez vite que ça aille mieux.
Mais pourquoi avons-nous parfois autant de mal à laisser ces moments exister ?
Ces phrases qui laissent une trace
Depuis l’enfance, nous avons aussi pu entendre : « Ne pleure pas. » « Sois fort. » « Ce n’est pas grave. » « Il faut prendre sur soi. »
Les mots changent selon les familles, les générations et les histoires. Mais derrière, il peut parfois rester la même idée : tenir, avancer, ne pas trop montrer quand ça ne va pas. Sans vraiment nous en rendre compte, certaines de ces façons de faire peuvent devenir les nôtres.
Il faut tenir. Il faut que ça passe. Je dois me ressaisir.
Et puis il y a cette question que l’on pose presque machinalement : « Ça va ? » Et cette réponse qui arrive parfois tout aussi vite : « Ça va. » Par habitude. Par politesse. Parce que ce n’est pas le moment. Parce qu’on n’a pas envie d’en parler. Ou simplement parce qu’on ne sait pas toujours quoi répondre.
Mais quand nous demandons « ça va ? », sommes-nous vraiment prêts à entendre une autre réponse ?
Et pendant ce temps, la vie continue…
Parce que la vie, elle, continue. Un repas est prévu. Une sortie. Une invitation. Des proches que l’on doit retrouver. Alors, que faisons-nous ?
Est-ce qu’on sourit pour ne pas plomber l’ambiance ? Est-ce qu’on fait comme si de rien n’était ? Est-ce qu’on essaie de retrouver rapidement le visage que les autres ont l’habitude de voir ?
Ou peut-on aussi dire : « Aujourd’hui, ça ne va pas vraiment. » Être là quand même. Parler un peu moins. Avoir besoin de rester dans sa bulle. Participer autrement.
Et si toutes les émotions avaient leur place ?
Lorsque nous sommes heureux, enthousiastes ou de bonne humeur, nous cherchons rarement à faire disparaître rapidement ce que nous ressentons. Avec la tristesse, la colère, la peur ou la déception, c’est souvent différent.
Pourquoi certaines émotions sont-elles alors si difficiles à laisser s’exprimer ? Peut-être parce que les larmes de l’autre peuvent nous toucher. Parce que sa colère peut nous mettre mal à l’aise. Parce que nous ne savons pas toujours quoi dire ou quoi faire.
Alors parfois, avec de bonnes intentions, nous cherchons à rassurer, à apaiser, à faire en sorte que ça passe.
Et pourtant, ces moments existent : une mauvaise nouvelle, un imprévu, une déception, une journée difficile. Ce sont des moments passagers dont il est question ici. Cela peut durer quelques heures, parfois quelques jours.
Lorsque le mal-être s’installe dans la durée ou devient difficile à vivre, il ne s’agit plus de traverser une journée où ça ne va pas.
Lorsque nous n’avons pas envie d’en parler
Nous n’avons pas toujours envie de parler ou d’expliquer ce que nous ressentons.
En art-thérapie contemporaine, il n’est pas nécessaire de faire comme si tout allait bien ni de mettre des mots sur ce qui ne va pas. Le dispositif proposé permet aussi de s’exprimer autrement.
Faire comme si… ou reconnaître ce qui ne va pas ?
Reconnaître que ça ne va pas ne signifie pas forcément avoir envie d’en parler ou de devoir l’expliquer.
Parfois, il s’agit peut-être de ne pas faire comme si de rien n’était.
Et lorsque nous cachons ce que nous ressentons, est-ce que cela disparaît vraiment ?
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