
Prendre le risque de n’être que soi
« Prendre le risque de n’être que soi » est une phrase qui m’accompagne depuis longtemps et qui est devenue le slogan de mon entreprise. Elle n’est pas née d’un exercice de communication ou de la recherche d’une formule. Elle a pris forme avec le temps, à partir d’un vécu et d’une réflexion, jusqu’à trouver ses mots.
Être soi paraît simple. Et pourtant, qu’est-ce que cela signifie vraiment lorsque nous avons appris à nous adapter aux autres ?
S’adapter pour trouver sa place
Dès l’enfance, nous apprenons à nous adapter. Nous cherchons notre place dans une famille, un groupe, à l’école, puis plus tard dans notre vie professionnelle. Nous observons ce qui est attendu de nous et développons, souvent sans en avoir conscience, différentes manières de préserver le lien avec les autres.
S’adapter est nécessaire. Cela permet de vivre avec les autres et de tenir compte de ce qui nous entoure.
Quand s’adapter devient s’effacer…
Mais que se passe-t-il lorsque l’adaptation prend trop de place ? Lorsque l’on cherche tellement à ne pas déplaire que l’on ne sait plus très bien ce que l’on aurait choisi pour soi ?
Qui suis-je lorsque je ne cherche plus à répondre aux attentes des autres ?
Parce qu’il y a ce que les autres attendent réellement de nous. Et puis il y a tout ce que nous imaginons qu’ils pourraient attendre. La peur de décevoir. De ne plus être compris. Que leur regard change. Que certaines relations évoluent.
Certaines personnes ont appris très tôt à être fortes. À ne pas déranger. À faire plaisir. À répondre aux besoins des autres avant de penser aux leurs.
Avec le temps, cette façon d’être peut devenir si habituelle qu’on ne la remarque même plus.
Prendre sa place… sans prendre TOUTE la place
Être soi ne veut pourtant pas dire ne plus tenir compte des autres. Ce n’est pas imposer ses besoins ni refuser tout compromis.
C’est pouvoir reconnaître ce qui nous convient ou non. Dire oui. Dire non. Changer d’avis. Rester en accord avec ses valeurs, même lorsque l’on craint que cela ne plaise pas à l’autre.
Et ce n’est pas toujours confortable. Lorsque l’on change sa façon d’être avec l’autre, la relation peut, elle aussi, évoluer.
Peut-être est-il alors question de trouver un équilibre, sans toujours s’effacer ni chercher à prendre toute la place.
Sans avoir à répondre aux attentes
Cette question traverse aussi ma manière d’accompagner.
En séance d’art-thérapie contemporaine, la personne n’a pas à répondre à une attente de ma part. Aucun savoir-faire n’est nécessaire, aucun résultat n’est attendu.
Je tiens le cadre et lui laisse la place d’explorer et de s’exprimer à sa manière, sans jugement ni interprétation.
Elle peut simplement « être ».
Et si être soi était un mouvement ?
Être soi ne se décide probablement pas une fois pour toutes. Il peut y avoir des hésitations. Des habitudes bien installées. Des moments où l’on ose davantage. Et d’autres où l’on revient vers ce que l’on connaît.
Alors, prendre le risque de n’être que soi, serait-ce se demander ce que nous faisons par choix… et ce que nous faisons encore par peur de déplaire ?
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